| Sujet : Les jours heureux |
| Posté le 18-10-2005 à 22:20:10
| La famille se réunissait le samedi soir, ou le dimanche midi, devant un apéro qui durait des heures. Tous prenaient du pastis, foin de whisky, et autres tord-boyaux exotiques! Les doses étaient chargées… en ce temps là, on ne s'occupait pas de l'éventuel ballon dans lequel on devait souffler en rentrant, cela n'existait pas… Les entrées arrivaient, toutes plus chargées en cholestérol les unes que les autres… en ce temps là, on ne s'occupait trop de cela. Le petit vin blanc sortait de sous la tonnelle, et les verres ne désemplissaient pas, pendant que les narines commençaient à s'extasier, et les estomacs à gronder. Puis la mère sortait le fameux gigot d'agneau, les flageolets, les patates; le père découpait la viande et tous assistaient religieusement à l'ablation de la souris. Morceau convoité s'il en fut, il était réservé à la maman! Le gigot d'agneau ne doit pas être trop cuit! Voilà ce que tous disaient! Mais tous prenaient les morceaux les plus cuits… On était un peu snob, en ce temps là… Le rouge de la région d'adoption était sorti: un vin du Languedoc qu'il fallait boire frais, et entre 3 et 5 ans. Avant travail, après vin à civet. Mais cela n'avait pas d'importance, tous étaient suffisamment partit pour ne plus sentir ce qu'ils buvaient. On était snob en ce temps là, mais on n'était pas bien riches, et on aimait s'amuser… Les jeunes gens s'éclipsaient discrètement, et il n'était pas rare de les trouver dans le garage du village, couchés sur les banquettes défoncées des voitures paysannes. Le SIDA n'existait pas, en ce temps là… |
| | Posté le 19-10-2005 à 07:03:42
| oui Tao c'est bien vrai hen , beaucoup de choses ont changé .... |
| | Posté le 19-10-2005 à 22:26:51
| Ah, vindieu vindieu, comme c'est pas bô d'vieillir !!!! ;o)) Très bien écrit en tous cas... Amitiés Jef |
| | Posté le 20-10-2005 à 06:34:23
| Je pense au contraire que c'est magnifique de vieillir! La suite va venir, il me faut avoir du temps et être un peu mélanco pour continuer ce sujet. |
| | Posté le 22-10-2005 à 09:49:07
| A la fin du repas, les paquets de cigarettes jaillissaient des poches, et d'âcres nuages de fumée bleutée envahissaient la pièce. Les femmes ne fumaient pas, ou très peu… elles ouvraient une fenêtre s'il ne faisait pas trop froid, et c'est tout. On n'avait pas peur du cancer en ce temps là. Les plaques d'amiante entouraient la cuisinière à gaz relié à une bouteille de butane par un tuyau de caoutchouc centenaire. On n'avait pas peur de l'amiante, ni des fuites de gaz, en ce temps là. Et puis les premiers invités commençaient à repartir, après l'après midi consacré à la discussion, au gâteau et au mousseux. On aimait bien discuter. Il n'y avait que peu de télé, et on refaisait le monde, en ce temps là. Il n'était pas rare qu'une bagnole ait du mal à redémarrer. Alors on soulevait le capot, et on plongeait les mains dans le cambouis. On se roulait par terre sous la voiture tentant d'opérer un miracle. 10 fois sur 10, le miracle se produisait. Au bout de plusieurs heures, le moteur repartait, cahin-caha. On avait pas les moyens d'appeler le garagiste, mais on avait du temps, en ce temps là… |
| | Posté le 22-10-2005 à 16:05:18
| Les discussions, c'était politique. Les jeunes effectuant des études techniques ou scientifiques étaient de gauche, les littéraires, droit, médecine, de droite. Les très vieux étaient de droite, les quadragénaires étaient de gauche, sauf les comptables. Tout était simple en ce temps là… Les technologies explosaient, les progrès nous faisaient tourner la tête, nous embarquaient dans des rêves de conquêtes interstellaires. Le cinéma nous faisait rêver, inventant ce qui serait notre avenir, celui qu'on devait bâtir, celui qui nous semblait accessible. Nous avions soif d'apprendre pour avancer, pour aller plus loin. De 12 à 80 ans, nous avions tous des ambitions, nous avions tous des idéaux, en ce temps là. Nous avons construit une société, des villes. On nous le reproche aujourd'hui. Nous avons réinventé la révolution, nous avons REFAIT LE MONDE, on le trouve laid aujourd'hui. Puis nous allons partir, nous le laisserons à d'autres qui n'en feront pas un de mieux, mais qui vont le fragiliser. Nous construisions mal, nous faisions des dégâts, mais nous construisions solide en ce temps là. Ne soyez pas si impatient! Nos maîtres sont partis, et nous, derniers détenteurs de la passion n'allons plus vous ennuyer très longtemps. De toute façon, cette société est très aseptisée. |
| | Posté le 22-10-2005 à 19:02:17
| ah qu'il est bon de te lire Tao ca me rapelle des souvenirs , le temps passe trop vite et nous travaillons beaucoup , avec les autos si modernes pu moyen de travailler dedans pffffff notre monde je le trouve pas si beau que ca car il est de plus en plus inquietant , on ne se sent pas libre j'imagine vivre ds des villes ouff je vais rester ds ma campagne c'est plus beau coté nature... moins envahissant ... moims de magasin mais ca c'est pas grave je sors ds ce temps la c'est une sortie et j'en profite faut se gater pas besoin d'attendre que je sois vieile pour ca oh non juste au cas que je ne verrai pas ce jour là ...Profitez de la vie le temps que vous en êtes capable arretez de dire lorsque je serai en retraite je ferai si , ca ci ca ... non je suis peut etre pas ds le bon sujet mais ca ma amener ds celui-ci :-) |
| | Posté le 31-10-2005 à 18:34:14
| Mais toutes les personnes d'un certain âge ont le même discours ! :o)) Cela fait des centaines de milliers d'années que l'on dit "qu'il n'y a plus de jeunesse" !!!! ;o)) |
| | Posté le 31-10-2005 à 18:41:58
| quarkenciel a écrit :
Mais toutes les personnes d'un certain âge ont le même discours ! :o)) Cela fait des centaines de milliers d'années que l'on dit "qu'il n'y a plus de jeunesse" !!!! ;o)) |
Je n'ai pas dit cela. Il me semble que la lecture en diagonale provoque des déperditions. Mais cela n'a aucune importance. L'expérience est une lampe que l'on a accroché dans le dos, et qui n'éclaire que le chemin parcouru. J'ai remarqué par contre, que les trentenaires, cette année, sont particulièrement chanceux, car ils détiennent la vérité absolue et le droit de jugement intégral. Ils oublient juste un détail... |
| | Posté le 01-11-2005 à 10:41:52
| Vous les hommes d'aujourd'hui, sortant de l'école ou du chômage à 32 ans, quittant pour la première fois le nid parental pour vous lancer dans la vraie vie regardez avec l'œil plissé du mépris ce que vous découvrez pour la première fois et ne connaissez pas. Vous avez en face de vous l'image de ce qui fut construit par celles et ceux qui travaillaient à 13 ans dans les filatures, les mines, les champs les usines, qui vivaient à 5, 6 dans 60 mètres carrés, sans machine à laver, sans télé, sans ordinateur, sans voiture – tout juste un vélo, parfois une mobylette – électricité épisodique, eau courante sur les murs, chiottes sur le palier ou cabane au fond du jardin, et vous plissez les yeux! Vous, trentenaires blafards, encore puceaux, faites la moue en voyant ce que les hommes d'hier ont construit, ont fabriqué, ont conçu en vous permettant d'user votre ennui sans mourir de faim, vous, oui! Vous! Vous plissez les yeux??? Non mais! Je rêve!!!
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| | Posté le 01-11-2005 à 11:58:39
| | je crois qu'ils écarquillent plutôt les yeux qu'ils ne les plissent, d'un air semi-dubitatif... Oui, il y a eu cette époque. Il y a eu aussi l'époque de la guerre où l'on crevait la faim, il y a eu aussi l'époque où il fallait chasser le mamouth avec une lance avec peu de chances de survie. Je pense qu'il y aura des retours en arrière dans les valeurs, je n'ai pas ce qui me semble un pessimisme chez toi quant à la capacité des jeunes à avoir des projets d'avenir, à se réjouir de leur temps, à réaliser tout ce qu'on a fait pour eux... Malgré une tendance à l'abrutissement général, il y a toujours des sursauts. Quant à la prétention à pouvoir juger, je la trouve aussi bien chez les plus âgés, parfois même d'avantage... ALORS QUE L'AGE DEVRAIT RENDRE HUMBLE ... L'âge doit faire prendre conscience que l'on n'est que poussière. Il est normal quand on est jeune d'avoir des avis tranchés sur tout, de se poser peu de questions, d'être très maléable et n'avoir que peu d'avis personnels, c'est l'âge qui permet le développement d'une certaine souplesse d'esprit, un recul vis à vis des manipulations, des avis personnels, etc. et surtout de l'humilité... |
| | Posté le 01-11-2005 à 13:03:39
| Lorsque tu rencontres un sourd, articule. Lorsqu'il ne te comprends pas, tu as deux solutions: Laisser tomber, ou crier de plus en plus fort. Je suis un quadra dynamique! |
| | Posté le 01-11-2005 à 15:44:17
| Je viens de me rendre compte que ce que j'ai écris pouvait être cassant, voire même vexant. Si tel est le cas, j'en suis désolé. Néanmoins, la vitesse d'évolution du siècle dernier à fait perdre des repères à certains, n'a pas permis à d'autres d'en avoir, et a fabriquer des naufragés sans boués sur une mer d'huile. Tout est critiquable. Et l'on ne peut attendre des autres que ce qu'on leur offre. J'ai connu un prof qui ne notait que sur l'écriture. A croire qu'il n'en avait rien à foutre du fond, ni de l'orthographe, syntaxe et autres règles grammaticales... Seule la calligraphie semblait trouver grâce à ses yeux. Je le dis tout net: ce prof était un imbécile, un étourneau. Si je lis Victor Hugo en m'attachant à la technique, je vais le trouver génial. Si je lis Victor Hugo en m'attachant au fond, je vais le trouver quasi anarchique. Si je lis Victor Hugo en m'attachant à la forme, je vais le trouver triste. Si je lis Victor Hugo en m'attachant au message contenu je vais le qualifier de plumitif. Lorsque je lis un poème, je ne juge jamais ce qu'il y est écrit, et cela même quand je le trouve niais, voire déplaisant. Je m'attache à l'intention que je ressens, celle que le poète a (de mon point de vue) de vouloir partager un moment d'intimité, le bout de son jardin avec moi. Les donneurs de leçons me fatiguent après m'avoir fait rire, et lorsque je lis des critiques d'art semblables à celles du prof dont je parlais, je me trouve attristé de voir que l'art est encore et toujours au service du snobisme et du bien-pensant. |
| | Posté le 01-11-2005 à 22:07:30
| oui, un quadra dynamique pour sûr ! Un petit laïus en passant... Les profs étourneaux ne me dérangent pas au fond. J'avais un prof qui m'a dégoûté de l'histoire par exemple, le régime soviétique avait été idéal, la révolution Chinoise, cela avait été "le grand bond en avant", les massacres de Cambodgiens n'avaient jamais existé, l'Allemagne avait toujours été nazie et le serait probablement toujours etc. De telle sorte que mes centres d'intérêt se sont portés ailleurs. Mais dans le fond, qu'ai-je à regretter ? C'est vrai, je suis nul en histoire et puis j'aurais pu m'y intéresser par moi-même, rattraper tout le temps perdu et je n'ai attrapé que des informations parcellaires au fur et à mesure en dehors de ses cours parce que l'histoire me débectait profondément du coup, mais au fond quelle importance ? J'ai acquis des connaissances dans d'autres domaines, on ne peut pas aimer toutes les matières et nous n'avons pas besoin de finir dans des "moules" après tout. Ce qui compte, n'est ce pas la capacité à réfléchir avant tout, plutôt que les connaissances ?... J'ai eu UN très bon prof et parfois cela suffit, c'était un maître d'école, de ceux qui vous font réfléchir en y joignant le plaisir. J'en avais déjà parlé une fois je crois, mais je vais remettre ça... Il nous avait amené sur une baleinière désaffectée en classe de mer, nous avions ramassé des lançons et collé des coquillages sur un tableau, puis en fin d'année il nous avait fait réfléchir à un casse tête très important... Comment faire quatre triangles avec six allumettes sans les croiser ? Tout le monde cherche, personne ne trouve, il se marre... Il nous fait "approchez, approchez..." "je place trois allumettes sur la table... Puis trois au-dessus en triangles" Je lui fais "c'est pas du jeu ! Vous n'avez pas dit qu'on pouvait sortir du plan" "Mais je n'ai jamais dit qu'on ne pouvait pas le faire !" Le casse-tête allait beaucoup plus loin que des maths, il s'agissait d'ouvrir son esprit, d'apprendre à réfléchir par soi-même en dépassant ses limites... Un maître d'école en fin de primaire qui m'aura marqué. De la trempe de ceux du "cercle des poètes disparus" Alors à propos de poème, tu as raison Tao, c'est dommage qu'il y ait parfois du snobisme en matière d'art... L'art le vrai est tellement éloigné de ces considérations en réalité, il veut faire passer quelque chose qui est du domaine subtile, presque impalable, de l'émotion, des idées, des sensations ineffables parfois... Rien d'intellectuel là dedans... Même si pour en parler il nous faut passer par l'intellect. Au plaisir de partager... Amitiés Jef |
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